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COLLOQUE Résurgences de l’épique dans la poésie française et francophone de l’extrême-contemporain (1990-2026)

  • Date de tombée (deadline) :

2-3 juin 2027

Sorbonne Université – Université Paris 8

APPEL À COMMUNICATIONS

Depuis une vingtaine d’années, les études concernant l’épopée et l’épique se sont multipliées, avec des publications, des colloques, souvent dans une démarche comparatiste, autour de cette question[1]. Elles accompagnent la création de projets et de réseaux de recherches importants, comme le « Projet Epopée », fondé en 2015 à l’Université Grenoble Alpes par Florence Goyet, ou les rencontres récentes du Réseau Euro-Africain de Recherches sur les Épopées (REARE). Florence Goyet parle d’une « véritable révolution critique[2] », dont un des premiers résultats a été de mettre au centre de l’attention l’épique moderne, soit des textes aux antipodes de ce que décrivaient les travaux sur Homère ou Virgile. Elle évoque ainsi une « approche par les marges[3] ». L’approche critique la plus répandue a en effet consisté à interroger les frontières floues du genre : il s’est agi, pour des spécialistes du XIXè et du XXè siècles, de se pencher sur la relation très ambiguë que ces siècles entretenaient avec l’épopée, entre nostalgie, refus véhément et tentative de recréation. En somme, l’épique relaie alors l’épopée, « il s’offre pour la relayer et, comme un génotype latent, nourrir des phénotypes (textes) variés, mutants, magnétisés par la démesure et l’immensité d’un épos qui trouve ainsi de multiples relais et des ‘‘seconds souffles’’[4] ».

Ce flou mérite que l’on s’y arrête et qu’on l’interroge. Il est certain que l’épopée n’est pas facile à prendre sous l’objectif. Mais peut-être faudrait-il retourner la perspective et se dire que ce qui est un danger, une difficulté, pour la recherche, est une chance pour l’écriture : nous entendons par là que ce continuum entre l’épique au sens le plus vague et l’épopée au sens strict, s’il empêche de définir l’épopée, permet en revanche d’en recycler en ensemble unitaire des éléments virtuellement contradictoires.

Un corpus reste à constituer. Les nouvelles épopées en vers libres d’Anne Weber, Antoine Wauters, et Laura Vazquez ; le Cycle des exils de Patrick Beurard-Valdoye (soit un ensemble de livres enchevêtrant les strates d’une histoire de l’Europe) ; Centre épique de Jean-Michel Espitallier ; Porte du soleil de Christophe Manon, paru chez Verdier ; les textes de Pierre Vinclair et Jacques Darras, ainsi que leurs travaux théoriques sur l’épique et le réinvestissement dans leur propre écriture de cette réflexion. Il faudrait aussi évoquer Jacques Darras – auteur de La Maye[5], poème fleuve composé de 1988 à 2016, et de l’essai aux allures de manifeste Épique ! Le poète dans le temps[6].

Dans le domaine des poésies francophones postcoloniales, on a volontiers décelé un horizon épique dans le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, Les Indes de Glissant ou dans certaines pièces des Éthiopiques de Senghor. On trouve aussi des échos nets de l’épique dans la poésie québécoise de la deuxième moitié du xxe siècle, que l’on pense à la cartographie lyrique du pays dans L’Homme rapaillé de Gaston Miron[7] ou au souvenir de la guerre qui hante Mémoirede Jacques Brault[8] ou à la dénonciation de l’impérialisme anglais dans le poème Speak white de Michèle Lalonde[9]. Cette catégorie semble moins mobilisée pour des corpus plus récents, tandis que la geste anticoloniale a fait place à la désillusion ou au soupçon, qui s’actualisent plutôt dans le lyrisme ou la satire. Pourtant les textes contemporains, en se confrontant aux questions de la migration (Ananda Devi, Ceux du large[10] ; Tanella Boni, Insoutenable frontière[11]) ou de l’écologie (Samy Manga et Caroline Despont, Opinion poétique[12] ; Louis-Philippe Dalembert, En marche sur la terre[13]) réactivent une dimension épique, notamment dans sa veine odyséenne.

Le flou précédemment évoqué n’est donc pas seulement un problème théorique : il constitue véritablement une chance pour l’écriture contemporaine, qui peut puiser dans l’épopée des éléments hétérogènes — ampleur, tension collective, rapport à l’histoire, voix de récitation, motifs de voyage ou de catabase — sans reconduire ses normes anciennes.

 

Parmi les premiers traits définitoires des textes composant le corpus d’études, un premier point à souligner est que nous avons une qualification générique qui n’est pas seulement affaire de réception. Il y a, chez plusieurs auteurs contemporains une intention explicite d’inscription dans la lignée de la poésie épique. Elle peut apparaître dans des titres ou des sous-titres comme chez Anne Weber[14], Monchoachi[15] ou Sylvie Kandé[16]. Parfois, un discours d’escorte est amené à faire le lien comme chez Christophe Manon[17].

Tous ces textes vont bien sûr se caractériser par la reprise, l’actualisation, voire le détournement d’un certain nombre d’éléments précis du code de l’épopée (comme l’ampleur du style ; l’oralité, via la présence d’un récitant) ; ils vont également se caractériser par leur relecture de certains thèmes et motifs classiques de l’épopée (ainsi le bellicisme, ou le motif de la descente aux enfers…). Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. Un point qui nous semble autrement plus important, c’est que ces œuvres, en recommençant l’épopée de manière souvent plus modeste et plus humble, nous conduisent, à partir de cette ambition épique renouvelée, à repenser les relations entre poésie et histoire.

Ces textes peuvent en effet permettre de réfléchir à la façon propre à la poésie de dire l’histoire, les événements collectifs ; à la façon, notamment, dont la poésie peut exprimer les traumatismes de l’histoire. Dans son essai Épique ! Le poète face au temps, à partir d’une méditation sur la première guerre mondiale et l’impossibilité de « regonfler le genre épique au lendemain de cette saignée[18] », Jacques Darras explique son désir de composer une épopée qui, tout en abandonnant la fascination pour la guerre, garderait l’ambition totalisante du genre, au service de la paix européenne : « Éparpillé jusqu’à l’éclat, le sujet européen ne peut se satisfaire quant à lui ni des anciennes idéologies nationales, ni d’aucune forme de totalitarisme sommaire.  Comment faire un tout sans hypothéquer les parties serait notre manière à nous de poser le problème. C’est un problème politique, assurément, mais tout autant un problème poétique[19]. »

Le cycle des livres de Monchoachi sous-titrés « Lémistè »[20], cycle qui se déploie depuis plus d’une dizaine d’années, revient quant à lui sur le peuplement de la Caraïbe et des Amériques en interrogeant la naissance de la culture et de la langue créole, dans sa diversité. Les odyssées collectives entrent en écho avec les entremêlements des pratiques culturelles et linguistiques, dont le texte rend compte dans une langue privilégiant les effets de rupture et les glissements d’une langue à l’autre, notamment du français au créole (et inversement).

En revenant sur le passé, ces textes entendent donc aussi interroger voire servir le présent ; ils s’inscrivent tout à fait, de ce point de vue-là, dans la tradition de l’épopée – puisque comme le rappelle Florence Goyet, à travers un récit du passé, il s’agit toujours, pour l’épopée, de réinterpréter le présent, de l’éclairer. Même quand les poètes se tournent vers le passé – que ce soit la période de la seconde guerre mondiale ou celles, plus lointaines, des conquêtes coloniales– nous avons bien un travail au présent, pour le présent, et aussi avec des outils formels du présent. En effet, ces textes dialoguent avec le genre de l’épopée tout en entendant inventer des formes artistiques nouvelles pour rendre compte du témoignage des anciens et des traces du passé : le narré chez Patrick Beurard-Valdoye, la réminiscence du récit de voyage chez Sylvie Kandé, les élégies documentaires chez Muriel Pic ; la langue hybride de Monchoachi… Songeons aussi au travail formel de Christophe Manon pour que le flux narratif de l’épopée trouve à s’allier avec la stase définitoire du poème moderne, ou encore à celui d’Oliver Rohe, pour parvenir à écrire, avec Chant balnéaire, « une épopée de la vie ordinaire, de la vie ordinaire en temps de guerre[21] ».

Ces œuvres nous renvoient par ailleurs à la question de la distance ou de l’adhésion au présent que pose la récupération de l’épopée par la poésie moderne. Porte du soleil de Christophe Manon trace un double pèlerinage filial et épique, en se plaçant d’emblée sous le patronage littéraire de Virgile et de Dante, mais il n’en est pas moins un livre aux prises avec son époque, avec la politique de son époque. Dans un entretien pour Diacritik, Manon a recours au terme de « chronique[22] » pour justifier cette inscription des représentants du pouvoir politique au sein de son récit. Or associé à un désir d’épopée clairement assumée et revendiquée, le mot « chronique » vient ancrer le genre dans une actualité brûlante au lieu de le renvoyer à la distance de l’histoire. On trouve également des échos de l’actualité internationale chez Samar Chaaban, avec l’évocation du conflit israélo-palestinien[23], ou chez Joëlle Sambi, avec la logique extractiviste à l’œuvre en Afrique centrale[24].

Autre point récurrent dans plusieurs de ces « nouvelles épopées » : la façon dont elles se font épopée d’un moi pluriel, exploration d’une histoire personnelle élargie, qui inclut l’histoire d’une région, d’une nation, d’un espace… Avec le long poème narratif La Maye, Jacques Darras passe contrat avec un lieu géographique précis, et sinueux, soit le fleuve qui donne son titre au poème, fleuve cheminant dans ce territoire du Nord qui fut ouvert à toutes les invasions militaires ; et il retisse, à partir de son cours, les liens entre mémoire individuelle et mémoire commune [25]. Apparaît ainsi un nouveau mode d’épopée où l’autobiographique, le narratif et le rythmique se croisent et dialoguent dans la conscience plus ou moins intense du temps et de l’espace. Dans ce type de démarche, l’inscription du « moi » dans un collectif plus large peut prendre des allures de parodie épique, comme dans Des odeurs de bretzels, de barbecue et de weed de Selim·a Atallah Chettaoui[26] ou dans les cent chants poétiques de Toute l’œuvre incomplète de François Hébert, inspirée de Dante, qui se déroule entre Paris et Montréal[27].

L’épopée pourrait sembler incompatible avec le prosaïsme du monde moderne. Or force est de constater que l’acte d’inscription dans la tradition épique peut être mis au service de la représentation d’un univers contemporain marqué par ce « prosaïsme de la modernité », avec des épopées résolument au et du présent, embrassant sans réserve leur époque et leur espace. Avec son Livre du large et du long, Laura Vazquez raconte le voyage d’une voix et d’un corps pluriel dans le magma du monde qui les entoure, des choses les plus intérieures (sensations) aux plus larges (guerre, populations humaines)[28]. Cette tentation de déborder le lyrisme par une dimension cosmogonique qui inscrit un prolongement épique au projet poétique peut se lire dans certains recueils d’Amina Saïd, comme Gisements de lumière[29], qui fait coïncider l’émergence du sujet lyrique avec une représentation de la naissance du monde. Songeons également à l’initiation à la vie en milieu naturel à laquelle nous invite Gabrielle Filteau-Chiba dans La Forêt barbelée[30]. Cette dimension cosmogonique où le sujet lyrique se situe par rapport à un collectif est également très présente dans la poésie contemporaine autochtone au Québec, comme chez Natasha Kanapé Fontaine[31].

D’ailleurs, on pourrait s’essayer à une sorte de classification des tentations épiques contemporaines, avec des tentations plutôt homériques, des tentations plutôt bibliques, le modèle Whitman, aussi, qui imprègne l’œuvre de Pierre Vinclair, proche d’une certaine prosodie visuelle américaine.

On pourra donc se demander quelles épopées les poètes du XXIème siècle tendent à écrire. Une épopée des petits, avec le choix de se tourner vers des vies plus « minuscules » ? L’épopée d’un corps, d’une voix, le « je », confronté à la violence du monde, étant, chez Laura Vazquez, Selim·a Atallah Chettaoui ou Oliver Rohe, comme un centre atomique, atomisé dans ses sensations ? Des épopées mettant l’ambition totalisante du genre au service de la paix européenne ou mondiale ? Bien sûr, se demander quelle épopée ces poètes veulent écrire, quel récit collectif ils et elles tendent à construire, c’est réfléchir aux valeurs qu’ils et elles veulent proposer à la société et, partant, nécessairement interroger la place et le rôle de la poésie dans la cité. Tanella Boni s’interroge ainsi : « Explorons les accidents de la grande histoire / Afin d’apercevoir notre place incongrue[32] ». Cette place et ce rôle pourront aussi être étudiés en se penchant sur ces performances qui tendent à rendre le texte épique à son statut originel de co-construction entre public et récitant, le public physiquement présent influant par ses réactions sur la récitation et la composition.

 

Il sera également intéressant de réfléchir à la tension ou à la porosité avec le récit, et d’inscrire cette réamplification du format du poème dans l’histoire de la poésie. Il y a eu, chez plusieurs écrivains modernistes, un « renouvellement du poème qui s’est effectué par un ressourcement narratif et épique », ainsi que le montre bien Emilien Sermier dans son ouvrage Une saison dans le roman[33]. On peut trouver ce type d’ambivalence générique chez Laura Vazquez, Antoine Wauters, Dany Laferrière ou Jacques Darras.

Ailleurs, au contraire, l’épopée peut apparaître en filigrane dans des pièces plus brèves, à l’état de question, de prolongement possible ou d’horizon du texte, notamment quand les créateurs ou créatrices pratiquent aussi des performances qui donnent à leurs phrases l’ampleur et le rapport au collectif de certaines pratiques traditionnelles épiques. On pense ici, entre autres, à la poésie slam de Marc Alexandre Oho Bambe[34] ou de Joëlle Sambi.

Enfin, plusieurs de ces nouvelles épopées du XXIème siècle brouillent les frontières entre fiction et non fiction, montrant que la poésie est traversée par les mêmes tensions que la production contemporaine dans son ensemble. Il y a une tension, chez certains auteurs, entre des textes procédant à partir de sources documentaires et des récits fictionnels ; leurs écrits permettent alors aussi de réfléchir à la ligne de partage entre invention et documentation. On pourrait trouver des exemples chez Anne Weber, Patrick Beurard-Valdoye et bien d’autres.

 

Il nous semble donc qu’il faut prendre au sérieux l’aspiration de plusieurs poètes du XXIème siècle à établir un dialogue avec la tradition épique, à se l’approprier, la réélaborer, dans leur propre perspective.

 

Le colloque aura lieu à Paris les 2-3 juin 2027. Les propositions de communications (titre, résumé d’environ 300 mots et brève notice bio-bibliographique) sont à adresser avant le 28 septembre 2026 à Pauline Flepp (pauline.flepp@gmail.com) et à Florian Alix (florian.alix.13@gmail.com).

 

Comité scientifique :

·      Benoît Auclerc (Université Lyon 3)

·      Olivier Belin (Sorbonne Université)

·      Maxime Del Fiol (Université Montpellier Paul Valéry)

·      Laure Michel (Université Lyon 2 Lumière)

·      Delphine Rumeau (Université Grenoble Alpes)

·      Nathalie Watteyne (Université de Sherbrooke)

 

[1] Saulo Neiva, Désirs et débris d’épopée au XXe siècle, Bern, Peter Lang, 2009 ; Delphine Rumeau, Chants du Nouveau Monde. Épopée et modernité, Paris, Classiques Garnier, 2009 ; Cédric Chauvin, Référence épique et modernité, Paris, Honoré Champion, 2012 ; Vincent Dussol, Elle s’étend l’épopée. Relecture et ouverture du corpus épique, Bruxelles / New York, Peter Lang, 2012 ; Inès Cazalas et Delphine Rumeau (dir.), Épopées postcoloniales, poétiques transatlantiques, Paris, Classiques Garnier, 2020 ;
[2] Florence Goyet, “L’Épopée (première partie)”, Bibliothèque comparatiste, n. 5, 2009, URL : https://sflgc.org/bibliotheque/goyet-florence-lepopee-premiere-partie/, page consultée le 15 avril 2026.
[3] Ibid.
[4] Daniel Madelénat, « Présence paradoxale de l’épopée : hors d’âge et sur le retour », Désirs & débris d’épopée au XXe siècle, op. cit., p. 383.
[5] Jacques Darras, La Maye, Pantin, Le Castor Astral / In’hui, 2016.
[6] Jacques Darras, Épique !, op. cit., p. 185.
[7] Gaston Miron, L’Homme rapaillé, Montréal, Typo, 1996 [1970].
[8] Jacques Brault, Mémoire [1965], dans Œuvres, ed. François Dumont, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2023.
[9]  Michèle Lalonde, Speak white [1968], Montréal, L’Hexagone, 1974.
[10] Ananda Devi, Ceux du large, Paris, Bruno Doucey, 2017.
[11] Tanella Boni, Insoutenable Frontière, Paris, Bruno Doucey, 2022.
[12] Samy Manga et Caroline Despont, Opinion poétique, Paris, L’Harmattan, 2020.
[13] Louis-Philippe Dalembert, En marche sur la terre, Paris, Bruno Doucey, 2017.
[14] Anne Weber, Annette, une épopée, Paris, Seuil, 2020.
[15] Monchoachi, L’Espère-geste, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2002.
[16] Sylvie Kandé, Gestuaire, Paris, Gallimard, 2016 ; La Quête infinie de l’autre rive, Paris, Gallimard, coll. « Continents noirs », 2011.
[17] Christophe Manon, Porte du soleil, Lagrasse, Verdier, 2023.
[18] Jacques Darras, Épique !, op. cit., p. 129.
[19] Ibid., p. 157.
[20] Monchoachi, Lémistè, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2013 ; Partition noire et bleue, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2016 ; Fugue vs fug, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2021 ; Stretti : la confrontation, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2024.
[21] Oliver Rohe, Chant balnéaire, Paris, Allia, 2023, quatrième de couverture.
[22] Christophe Manon, « Tout le livre est la légende dorée d’une banale famille de ritals », entretien avec Johan Faerber, Diacritik, en ligne, 22 mars 2023, URL : https://diacritik.com/2023/03/22/christophe-manon-tout-le-livre-est-la-legende-doree-dune-banale-famille-de-ritals-porte-du-soleil/, consulté le 14 avril 2026.
[23] Samar Chaaban, Des montagnes sous la langue, Toulouse, Blast, 2025.
[24] Joëlle Sambi, Et vos corps seront caillasses, Montreuil, L’Arche, 2024.
[25] Jacques Darras, « Entretien de Marie Étienne avec Jacques Darras », En attendant Nadeau, 3 juillet 2018, URL : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/07/03/entretien-darras/, consulté le 15 avril 2026.
[26] Selim·a Atallah Chettaoui, Des odeurs de bretzels, de barbecue et de weed, Paris, 10 pages au carré, 2022.
[27] François Hébert, Toute l’œuvre incomplète, Montréal, L’Hexagone, 2010.
[28] Laura Vazquez, Le Livre du large et du long, Paris, Éditions du sous-sol, 2023.
[29] Amina Saïd, Gisements de lumière, Paris, La Différence, coll. « Clepsydre », 1998.
[30] Gabrielle Filteau-Chiba, La Forêt barbelée, Montréal, Éditions XYZ, 2022.
[31] Voir par exemple Natasha Kanapé Fontaine, Manifeste Assi, Montréal, Mémoire d’encrier, 2010.
[32] Tanelle Boni, « L’eau sans âge », Insoutenable frontière, op. cit., p. 123.
[33] Émilien Sermier, Une saison dans le roman. Explorations modernistes d’Apollinaire à Supervielle (1917-1930), Paris, José Corti, coll. « Les essais », 2022.
[34] Voir Marc Alexandre Oho Bambe, Carnet de vertiges. Anthologie à fleur d’encre, Paris, Points, coll. « Poésie », 2025 [2017].

Malheurs du corps épique – figuration, symbolisation. Antiquité, Moyen âge, Renaissance

Malheurs du corps épique – figuration, symbolisation. Antiquité, Moyen âge, Renaissance
Université d’Orléans
18 et 19 juin 2026
Organisation : Pierre-Alain Caltot, Philippe Haugeard et Nicolas Lombart
Centre International Universitaire pour la Recherche – Hôtel Dupanloup (Rue Dupanloup, ORLÉANS)

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Depuis une vingtaine d’années, les études concernant l’épopée et l’épique se sont multipliées, avec des publications, des colloques, souvent dans une démarche comparatiste, autour de cette question[1]. Elles accompagnent la création de projets et de réseaux de recherches importants, comme le « Projet Epopée », fondé en 2015 à l’Université Grenoble Alpes par Florence Goyet, ou les rencontres récentes du Réseau Euro-Africain de Recherches sur les Épopées (REARE). Florence Goyet parle d’une « véritable révolution critique[2] », dont un des premiers résultats a été de mettre au centre de l’attention l’épique moderne, soit des textes aux antipodes de ce que décrivaient les travaux sur Homère ou Virgile. Elle évoque ainsi une « approche par les marges[3] ». L’approche critique la plus répandue a en effet consisté à interroger les frontières floues du genre : il s’est agi, pour des spécialistes du XIXè et du XXè siècles, de se pencher sur la relation très ambiguë que ces siècles entretenaient avec l’épopée, entre nostalgie, refus véhément et tentative de recréation. En somme, l’épique relaie alors l’épopée, « il s’offre pour la relayer et, comme un génotype latent, nourrir des phénotypes (textes) variés, mutants, magnétisés par la démesure et l’immensité d’un épos qui trouve ainsi de multiples relais et des ‘‘seconds souffles’’[4] ».

Ce flou mérite que l’on s’y arrête et qu’on l’interroge. Il est certain que l’épopée n’est pas facile à prendre sous l’objectif. Mais peut-être faudrait-il retourner la perspective et se dire que ce qui est un danger, une difficulté, pour la recherche, est une chance pour l’écriture : nous entendons par là que ce continuum entre l’épique au sens le plus vague et l’épopée au sens strict, s’il empêche de définir l’épopée, permet en revanche d’en recycler en ensemble unitaire des éléments virtuellement contradictoires.

Un corpus reste à constituer. Les nouvelles épopées en vers libres d’Anne Weber, Antoine Wauters, et Laura Vazquez ; le Cycle des exils de Patrick Beurard-Valdoye (soit un ensemble de livres enchevêtrant les strates d’une histoire de l’Europe) ; Centre épique de Jean-Michel Espitallier ; Porte du soleil de Christophe Manon, paru chez Verdier ; les textes de Pierre Vinclair et Jacques Darras, ainsi que leurs travaux théoriques sur l’épique et le réinvestissement dans leur propre écriture de cette réflexion. Il faudrait aussi évoquer Jacques Darras – auteur de La Maye[5], poème fleuve composé de 1988 à 2016, et de l’essai aux allures de manifeste Épique ! Le poète dans le temps[6].

Dans le domaine des poésies francophones postcoloniales, on a volontiers décelé un horizon épique dans le Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, Les Indes de Glissant ou dans certaines pièces des Éthiopiques de Senghor. On trouve aussi des échos nets de l’épique dans la poésie québécoise de la deuxième moitié du xxe siècle, que l’on pense à la cartographie lyrique du pays dans L’Homme rapaillé de Gaston Miron[7] ou au souvenir de la guerre qui hante Mémoirede Jacques Brault[8] ou à la dénonciation de l’impérialisme anglais dans le poème Speak white de Michèle Lalonde[9]. Cette catégorie semble moins mobilisée pour des corpus plus récents, tandis que la geste anticoloniale a fait place à la désillusion ou au soupçon, qui s’actualisent plutôt dans le lyrisme ou la satire. Pourtant les textes contemporains, en se confrontant aux questions de la migration (Ananda Devi, Ceux du large[10] ; Tanella Boni, Insoutenable frontière[11]) ou de l’écologie (Samy Manga et Caroline Despont, Opinion poétique[12] ; Louis-Philippe Dalembert, En marche sur la terre[13]) réactivent une dimension épique, notamment dans sa veine odyséenne.

Le flou précédemment évoqué n’est donc pas seulement un problème théorique : il constitue véritablement une chance pour l’écriture contemporaine, qui peut puiser dans l’épopée des éléments hétérogènes — ampleur, tension collective, rapport à l’histoire, voix de récitation, motifs de voyage ou de catabase — sans reconduire ses normes anciennes.

 

Parmi les premiers traits définitoires des textes composant le corpus d’études, un premier point à souligner est que nous avons une qualification générique qui n’est pas seulement affaire de réception. Il y a, chez plusieurs auteurs contemporains une intention explicite d’inscription dans la lignée de la poésie épique. Elle peut apparaître dans des titres ou des sous-titres comme chez Anne Weber[14], Monchoachi[15] ou Sylvie Kandé[16]. Parfois, un discours d’escorte est amené à faire le lien comme chez Christophe Manon[17].

Tous ces textes vont bien sûr se caractériser par la reprise, l’actualisation, voire le détournement d’un certain nombre d’éléments précis du code de l’épopée (comme l’ampleur du style ; l’oralité, via la présence d’un récitant) ; ils vont également se caractériser par leur relecture de certains thèmes et motifs classiques de l’épopée (ainsi le bellicisme, ou le motif de la descente aux enfers…). Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. Un point qui nous semble autrement plus important, c’est que ces œuvres, en recommençant l’épopée de manière souvent plus modeste et plus humble, nous conduisent, à partir de cette ambition épique renouvelée, à repenser les relations entre poésie et histoire.

Ces textes peuvent en effet permettre de réfléchir à la façon propre à la poésie de dire l’histoire, les événements collectifs ; à la façon, notamment, dont la poésie peut exprimer les traumatismes de l’histoire. Dans son essai Épique ! Le poète face au temps, à partir d’une méditation sur la première guerre mondiale et l’impossibilité de « regonfler le genre épique au lendemain de cette saignée[18] », Jacques Darras explique son désir de composer une épopée qui, tout en abandonnant la fascination pour la guerre, garderait l’ambition totalisante du genre, au service de la paix européenne : « Éparpillé jusqu’à l’éclat, le sujet européen ne peut se satisfaire quant à lui ni des anciennes idéologies nationales, ni d’aucune forme de totalitarisme sommaire.  Comment faire un tout sans hypothéquer les parties serait notre manière à nous de poser le problème. C’est un problème politique, assurément, mais tout autant un problème poétique[19]. »

Le cycle des livres de Monchoachi sous-titrés « Lémistè »[20], cycle qui se déploie depuis plus d’une dizaine d’années, revient quant à lui sur le peuplement de la Caraïbe et des Amériques en interrogeant la naissance de la culture et de la langue créole, dans sa diversité. Les odyssées collectives entrent en écho avec les entremêlements des pratiques culturelles et linguistiques, dont le texte rend compte dans une langue privilégiant les effets de rupture et les glissements d’une langue à l’autre, notamment du français au créole (et inversement).

En revenant sur le passé, ces textes entendent donc aussi interroger voire servir le présent ; ils s’inscrivent tout à fait, de ce point de vue-là, dans la tradition de l’épopée – puisque comme le rappelle Florence Goyet, à travers un récit du passé, il s’agit toujours, pour l’épopée, de réinterpréter le présent, de l’éclairer. Même quand les poètes se tournent vers le passé – que ce soit la période de la seconde guerre mondiale ou celles, plus lointaines, des conquêtes coloniales– nous avons bien un travail au présent, pour le présent, et aussi avec des outils formels du présent. En effet, ces textes dialoguent avec le genre de l’épopée tout en entendant inventer des formes artistiques nouvelles pour rendre compte du témoignage des anciens et des traces du passé : le narré chez Patrick Beurard-Valdoye, la réminiscence du récit de voyage chez Sylvie Kandé, les élégies documentaires chez Muriel Pic ; la langue hybride de Monchoachi… Songeons aussi au travail formel de Christophe Manon pour que le flux narratif de l’épopée trouve à s’allier avec la stase définitoire du poème moderne, ou encore à celui d’Oliver Rohe, pour parvenir à écrire, avec Chant balnéaire, « une épopée de la vie ordinaire, de la vie ordinaire en temps de guerre[21] ».

Ces œuvres nous renvoient par ailleurs à la question de la distance ou de l’adhésion au présent que pose la récupération de l’épopée par la poésie moderne. Porte du soleil de Christophe Manon trace un double pèlerinage filial et épique, en se plaçant d’emblée sous le patronage littéraire de Virgile et de Dante, mais il n’en est pas moins un livre aux prises avec son époque, avec la politique de son époque. Dans un entretien pour Diacritik, Manon a recours au terme de « chronique[22] » pour justifier cette inscription des représentants du pouvoir politique au sein de son récit. Or associé à un désir d’épopée clairement assumée et revendiquée, le mot « chronique » vient ancrer le genre dans une actualité brûlante au lieu de le renvoyer à la distance de l’histoire. On trouve également des échos de l’actualité internationale chez Samar Chaaban, avec l’évocation du conflit israélo-palestinien[23], ou chez Joëlle Sambi, avec la logique extractiviste à l’œuvre en Afrique centrale[24].

Autre point récurrent dans plusieurs de ces « nouvelles épopées » : la façon dont elles se font épopée d’un moi pluriel, exploration d’une histoire personnelle élargie, qui inclut l’histoire d’une région, d’une nation, d’un espace… Avec le long poème narratif La Maye, Jacques Darras passe contrat avec un lieu géographique précis, et sinueux, soit le fleuve qui donne son titre au poème, fleuve cheminant dans ce territoire du Nord qui fut ouvert à toutes les invasions militaires ; et il retisse, à partir de son cours, les liens entre mémoire individuelle et mémoire commune [25]. Apparaît ainsi un nouveau mode d’épopée où l’autobiographique, le narratif et le rythmique se croisent et dialoguent dans la conscience plus ou moins intense du temps et de l’espace. Dans ce type de démarche, l’inscription du « moi » dans un collectif plus large peut prendre des allures de parodie épique, comme dans Des odeurs de bretzels, de barbecue et de weed de Selim·a Atallah Chettaoui[26] ou dans les cent chants poétiques de Toute l’œuvre incomplète de François Hébert, inspirée de Dante, qui se déroule entre Paris et Montréal[27].

L’épopée pourrait sembler incompatible avec le prosaïsme du monde moderne. Or force est de constater que l’acte d’inscription dans la tradition épique peut être mis au service de la représentation d’un univers contemporain marqué par ce « prosaïsme de la modernité », avec des épopées résolument au et du présent, embrassant sans réserve leur époque et leur espace. Avec son Livre du large et du long, Laura Vazquez raconte le voyage d’une voix et d’un corps pluriel dans le magma du monde qui les entoure, des choses les plus intérieures (sensations) aux plus larges (guerre, populations humaines)[28]. Cette tentation de déborder le lyrisme par une dimension cosmogonique qui inscrit un prolongement épique au projet poétique peut se lire dans certains recueils d’Amina Saïd, comme Gisements de lumière[29], qui fait coïncider l’émergence du sujet lyrique avec une représentation de la naissance du monde. Songeons également à l’initiation à la vie en milieu naturel à laquelle nous invite Gabrielle Filteau-Chiba dans La Forêt barbelée[30]. Cette dimension cosmogonique où le sujet lyrique se situe par rapport à un collectif est également très présente dans la poésie contemporaine autochtone au Québec, comme chez Natasha Kanapé Fontaine[31].

D’ailleurs, on pourrait s’essayer à une sorte de classification des tentations épiques contemporaines, avec des tentations plutôt homériques, des tentations plutôt bibliques, le modèle Whitman, aussi, qui imprègne l’œuvre de Pierre Vinclair, proche d’une certaine prosodie visuelle américaine.

On pourra donc se demander quelles épopées les poètes du XXIème siècle tendent à écrire. Une épopée des petits, avec le choix de se tourner vers des vies plus « minuscules » ? L’épopée d’un corps, d’une voix, le « je », confronté à la violence du monde, étant, chez Laura Vazquez, Selim·a Atallah Chettaoui ou Oliver Rohe, comme un centre atomique, atomisé dans ses sensations ? Des épopées mettant l’ambition totalisante du genre au service de la paix européenne ou mondiale ? Bien sûr, se demander quelle épopée ces poètes veulent écrire, quel récit collectif ils et elles tendent à construire, c’est réfléchir aux valeurs qu’ils et elles veulent proposer à la société et, partant, nécessairement interroger la place et le rôle de la poésie dans la cité. Tanella Boni s’interroge ainsi : « Explorons les accidents de la grande histoire / Afin d’apercevoir notre place incongrue[32] ». Cette place et ce rôle pourront aussi être étudiés en se penchant sur ces performances qui tendent à rendre le texte épique à son statut originel de co-construction entre public et récitant, le public physiquement présent influant par ses réactions sur la récitation et la composition.

 

Il sera également intéressant de réfléchir à la tension ou à la porosité avec le récit, et d’inscrire cette réamplification du format du poème dans l’histoire de la poésie. Il y a eu, chez plusieurs écrivains modernistes, un « renouvellement du poème qui s’est effectué par un ressourcement narratif et épique », ainsi que le montre bien Emilien Sermier dans son ouvrage Une saison dans le roman[33]. On peut trouver ce type d’ambivalence générique chez Laura Vazquez, Antoine Wauters, Dany Laferrière ou Jacques Darras.

Ailleurs, au contraire, l’épopée peut apparaître en filigrane dans des pièces plus brèves, à l’état de question, de prolongement possible ou d’horizon du texte, notamment quand les créateurs ou créatrices pratiquent aussi des performances qui donnent à leurs phrases l’ampleur et le rapport au collectif de certaines pratiques traditionnelles épiques. On pense ici, entre autres, à la poésie slam de Marc Alexandre Oho Bambe[34] ou de Joëlle Sambi.

Enfin, plusieurs de ces nouvelles épopées du XXIème siècle brouillent les frontières entre fiction et non fiction, montrant que la poésie est traversée par les mêmes tensions que la production contemporaine dans son ensemble. Il y a une tension, chez certains auteurs, entre des textes procédant à partir de sources documentaires et des récits fictionnels ; leurs écrits permettent alors aussi de réfléchir à la ligne de partage entre invention et documentation. On pourrait trouver des exemples chez Anne Weber, Patrick Beurard-Valdoye et bien d’autres.

Il nous semble donc qu’il faut prendre au sérieux l’aspiration de plusieurs poètes du XXIème siècle à établir un dialogue avec la tradition épique, à se l’approprier, la réélaborer, dans leur propre perspective.

Le colloque aura lieu à Paris les 2-3 juin 2027. Les propositions de communications (titre, résumé d’environ 300 mots et brève notice bio-bibliographique) sont à adresser avant le 28 septembre 2026 à Pauline Flepp (pauline.flepp@gmail.com) et à Florian Alix (florian.alix.13@gmail.com).

Comité scientifique :
·      Benoît Auclerc (Université Lyon 3)
·      Olivier Belin (Sorbonne Université)
·      Maxime Del Fiol (Université Montpellier Paul Valéry)
·      Laure Michel (Université Lyon 2 Lumière)
·      Delphine Rumeau (Université Grenoble Alpes)
·      Nathalie Watteyne (Université de Sherbrooke)

[1] Saulo Neiva, Désirs et débris d’épopée au XXe siècle, Bern, Peter Lang, 2009 ; Delphine Rumeau, Chants du Nouveau Monde. Épopée et modernité, Paris, Classiques Garnier, 2009 ; Cédric Chauvin, Référence épique et modernité, Paris, Honoré Champion, 2012 ; Vincent Dussol, Elle s’étend l’épopée. Relecture et ouverture du corpus épique, Bruxelles / New York, Peter Lang, 2012 ; Inès Cazalas et Delphine Rumeau (dir.), Épopées postcoloniales, poétiques transatlantiques, Paris, Classiques Garnier, 2020 ;
[2] Florence Goyet, “L’Épopée (première partie)”, Bibliothèque comparatiste, n. 5, 2009, URL : https://sflgc.org/bibliotheque/goyet-florence-lepopee-premiere-partie/, page consultée le 15 avril 2026.
[3] Ibid.
[4] Daniel Madelénat, « Présence paradoxale de l’épopée : hors d’âge et sur le retour », Désirs & débris d’épopée au XXe siècle, op. cit., p. 383.
[5] Jacques Darras, La Maye, Pantin, Le Castor Astral / In’hui, 2016.
[6] Jacques Darras, Épique !, op. cit., p. 185.
[7] Gaston Miron, L’Homme rapaillé, Montréal, Typo, 1996 [1970].
[8] Jacques Brault, Mémoire [1965], dans Œuvres, ed. François Dumont, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2023.
[9]  Michèle Lalonde, Speak white [1968], Montréal, L’Hexagone, 1974.
[10] Ananda Devi, Ceux du large, Paris, Bruno Doucey, 2017.
[11] Tanella Boni, Insoutenable Frontière, Paris, Bruno Doucey, 2022.
[12] Samy Manga et Caroline Despont, Opinion poétique, Paris, L’Harmattan, 2020.
[13] Louis-Philippe Dalembert, En marche sur la terre, Paris, Bruno Doucey, 2017.
[14] Anne Weber, Annette, une épopée, Paris, Seuil, 2020.
[15] Monchoachi, L’Espère-geste, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2002.
[16] Sylvie Kandé, Gestuaire, Paris, Gallimard, 2016 ; La Quête infinie de l’autre rive, Paris, Gallimard, coll. « Continents noirs », 2011.
[17] Christophe Manon, Porte du soleil, Lagrasse, Verdier, 2023.
[18] Jacques Darras, Épique !, op. cit., p. 129.
[19] Ibid., p. 157.
[20] Monchoachi, Lémistè, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2013 ; Partition noire et bleue, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2016 ; Fugue vs fug, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2021 ; Stretti : la confrontation, Bussy-le-Repos, Obsidiane, 2024.
[21] Oliver Rohe, Chant balnéaire, Paris, Allia, 2023, quatrième de couverture.
[22] Christophe Manon, « Tout le livre est la légende dorée d’une banale famille de ritals », entretien avec Johan Faerber, Diacritik, en ligne, 22 mars 2023, URL : https://diacritik.com/2023/03/22/christophe-manon-tout-le-livre-est-la-legende-doree-dune-banale-famille-de-ritals-porte-du-soleil/, consulté le 14 avril 2026.
[23] Samar Chaaban, Des montagnes sous la langue, Toulouse, Blast, 2025.
[24] Joëlle Sambi, Et vos corps seront caillasses, Montreuil, L’Arche, 2024.
[25] Jacques Darras, « Entretien de Marie Étienne avec Jacques Darras », En attendant Nadeau, 3 juillet 2018, URL : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/07/03/entretien-darras/, consulté le 15 avril 2026.
[26] Selim·a Atallah Chettaoui, Des odeurs de bretzels, de barbecue et de weed, Paris, 10 pages au carré, 2022.
[27] François Hébert, Toute l’œuvre incomplète, Montréal, L’Hexagone, 2010.
[28] Laura Vazquez, Le Livre du large et du long, Paris, Éditions du sous-sol, 2023.
[29] Amina Saïd, Gisements de lumière, Paris, La Différence, coll. « Clepsydre », 1998.
[30] Gabrielle Filteau-Chiba, La Forêt barbelée, Montréal, Éditions XYZ, 2022.
[31] Voir par exemple Natasha Kanapé Fontaine, Manifeste Assi, Montréal, Mémoire d’encrier, 2010.
[32] Tanelle Boni, « L’eau sans âge », Insoutenable frontière, op. cit., p. 123.
[33] Émilien Sermier, Une saison dans le roman. Explorations modernistes d’Apollinaire à Supervielle (1917-1930), Paris, José Corti, coll. « Les essais », 2022.
[34] Voir Marc Alexandre Oho Bambe, Carnet de vertiges. Anthologie à fleur d’encre, Paris, Points, coll. « Poésie », 2025 [2017].

COLLOQUE – UCAD DAKAR

Oralités africaines au XXIe siècle : transmission, mutations et souveraineté épistémologique

UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR
FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
Colloque international
Dakar, 25-26-27 mai 2027

Langue du colloque :  français.
Format des propositions :  400 à 600 mots, accompagnées d’une courte notice biographique (150 mots maximum),
à soumettre à l’adresse électronique du comité scientifique :
oraf21@ucad.edu.sn
au plus tard le samedi 31 octobre 2026.

Coordination du colloque
Pr Cheick Sakho cheick.sakho@ucad.edu.sn / sakhosi2002@yahoo.fr

COLLOQUE – TOURS 18-19 JUIN 2026
Malheurs du corps épique – figuration, symbolisation
Antiquité, Moyen âge, Renaissance

18-19 JUIN

Conférence de Pauline LAFILLE

L’ombre d’une menace ? Accidents, affaiblissements et excès du corps épique dans la peinture

de la Renaissance

18 juin à 18h
Musée des Beaux Arts d’Orléans

Colloque

Malheurs du corps épique – figuration, symbolisation Antiquité, Moyen âge, Renaissance

2026

ORLÉANS

Centre International Universitaire pour la Recherche – Hôtel Dupanloup 1 rue Dupanloup, Orléans

Contacts :

pierre-alain.caltot@univ-orleans.fr philippe.haugeard@univ-orleans.fr nicolas.lombart@univ-orleans.fr

Illustration : « Achille traînant le cadavre d’Hector », John Flaxman (1895) – Mise en page : A. Vioux / MSH Val de Loire

Jeudi 18 juin 2026
Centre International Universitaire pour la Recherche – Hôtel Dupanloup

10h30 : Accueil des participants

10h45 : Ouverture du colloque par Gabriele Vickermann-Ribémont (université d’Orléans), directrice du laboratoire POLEN

‐ Session 1 ‐ S’attaquer au corps, interroger le genre : (ré)inventer l’épopée ?

11h : Anne MORVAN (université de Nantes), Priam « se roulant dans le fumier » (κυλινδόμενος κατὰ κόπρον):un corps entre la mort et la vie dans un micro-motif de la fin de l’Iliade

11h30 : Hélène VIAL (université de Clermont-Auvergne), Poétique du corps mis à mal et réinvention de l’épopée : les Métamorphoses d’Ovide ou la fabrique d’un corps épique impossible.

12h : Anne SINHA (Sorbonne Paris Nord) : La mort d’Absyté au livre II des Punica de Silius Italicus: un épisode paradigmatique des corps épiques souffrants

12h30-13h : Questions
13h : Déjeuner

– Session 2- Poétique de l’horreur épique : anatomie du corpus dolens

14h30 : Grâce PORTERIE (université de Toulouse Jean Jaurès) : Les viscères au service d’une «poétique de l’horreur» dans l’épopée latine tardive : entre tradition et innovation

15h : Jean-Marie FRITZ (université Bourgogne Europe) : De la fureur au châtiment : éborgner et aveugler dans l’écriture épique (chansons de geste, épopées médio-latines, matière antique…)

15h30 : Bruno MENIEL (université de Nantes) : L’imaginaire du sang dans le poème épique, en France, au temps des troubles de religion

16h-16h30 : Questions

Auditorium du Musée des Beaux Arts d’Orléans

18h : Conférence de Pauline LAFILLE (université de Limoges) L’ombre d’une menace ? Accidents, affaiblissements et excès du corps épique dans la peinture de la Renaissance

Vendredi 19 juin 2026
Centre International Universitaire pour la Recherche – Hôtel Dupanloup

– Session 3 –
Corps héroïque
et corps politique dégradés

9h : Régine UTARD (Sorbonne Université) : Les malheurs du corps épique dans la Pharsale de Lucain : souffrances, défigurations et contre- modèles héroïques

9h30 : Benoît CANTET-GUEGUEN (UMR 8167 Orient Méditerranée) : Du corps héroïque au corps pathétique. Les aristocrates byzantins au tombeau, écho de la situation de l’Empire (Xe-XIVe siècle)

10h : Pause café
10h30 : Bernard RIBEMONT (université d’Orléans) :

Portrait fracturé : le héros face à la laideur

11h : Rebecca LEGRAND (université de Lille) : Corps meurtris, âmes en guerre : les malheurs du corps épique dans La Franciade et les Tragiques

11h30-12h : Questions
12h : Déjeuner

– Session 4 –
Corps outragés : sacralisation et désacralisation

13h30 : Judith ROHMAN (université de Rennes 2) : Blesser les corps sacrés (uiolare uulnere corpus) : la blessure d’Aphrodite et ses avatars dans l’épopée latine

14h : Florence TANNIOU (université Paris Nanterre) : Corps épique et corps brûlé : la mort d’Hercule au Moyen Âge

14h30 : Florian SCHAFFENRATH (Universität Innsbruck) : Le corps du saint : le martyre et la séparation du corps dans les épopées néo-latines sur les saints

15h-15h30 : Questions
15h30 : Fin des travaux

Lieux du colloque

Centre International pour la Recherche Hôtel Dupanloup
1 rue Dupanloup – 45000 Orléans

Musée des Beaux Arts d’Orléans Place Sainte Croix – 45000 Orléans

Organisation

Pierre-Alain Caltot – pierre-alain.caltot@univ-orleans.fr Philippe Haugeard – philippe.haugeard@univ-orleans.fr Nicolas Lombart – nicolas.lombart@univ-orleans.fr

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APPEL À CONTRIBUTIONS – PROJET ÉPOPÉE NUMÉRO 13
Épopée et registre épique dans la littérature ukrainienne (Revue Projet Épopée)

Épopée et registre épique dans la littérature ukrainienne

 

sous la direction de Galyna Dranenko et ALla Shvets

Le numéro 2027 de Projet Épopée sera consacré à l’étude de l’épopée et du registre épique dans la littérature ukrainienne.

Il s’agira d’interroger, dans une perspective comparatiste, la manière dont les œuvres ukrainiennes – anciennes ou contemporaines – reproduisent et transforment, construisent et déconstruisent, pensent et détournent les formes épiques traditionnelles.

Les propositions pourront porter, entre autres, sur :

– les épopées ukrainiennes anciennes et leurs différentes interprétations ;
– la figure du héros de l’épopée en Ukraine et son évolution dans le temps ;
– les réécritures, détournements ou réappropriations modernes et contemporaines de l’épopée en Ukraine ;
– les manifestations du registre épique dans la poésie, le roman, le théâtre ou les récits documentaires ukrainiens ;
– l’épopée en contexte de guerre, de résistance ou de défense identitaire des Ukrainiens ;
– les liens entre épopée, témoignage, mémoire et imaginaire national en Ukraine ;
– les dynamiques de traduction, circulation et réception des textes épiques ukrainiens.

Responsables du numéro 

Galyna DRANENKO, Eur’ORBEM, Sorbonne Université ; Département de philologie française et de traduction, Université nationale de Tchernivtsi (Ukraine)

Alla SHVETS, Institut de Littérature Taras Chevtchenko, Académie nationale des sciences de l’Ukraine, Kyïv ; Université Polytechnique nationale de Lviv (Ukraine)

Modalités de soumission

Les propositions d’articles en français doivent être envoyées avant le 31 mars 2026, et inclure :

– le titre de l’article ;
– un résumé (entre 3 000 et 5 000 signes, espaces compris) ;
– une courte biobibliographie de l’auteur·rice.

—

Les propositions sont à adresser aux adresses : galynadranenko@yahoo.fr et alla_shvec@ukr.net

Calendrier

31 mars 2026 : date limite d’envoi des propositions
31 mai 2026 : notification d’acceptation
15 décembre 2026 : remise des articles rédigés
2027 : publication du numéro

 

COLLOQUE UNIVERSITÄT ZÜRICH

Appel à communications journée d’études Langues d’Afrique

Les langues d’Afrique dans les péninsules ibérique et italienne : usages, circulations,
apprentissages, représentations (XVIe – XVIIe siècles)

Au chapitre « De la langue Africaine » de son Thrésor de l’histoire des langues de cest univers (1613), Claude Duret décrit, en s’appuyant sur les écrits du théologien suisse Theodor Bibliander, une situation linguistique homogène en Afrique : « en ce qui concerne la généralité des Africains du jourd’huy divisez en tant de lignages et familles, et estendus par si longues distances de pays en icelle Afrique, et par si diverses contrées d’icelle, ils parlent tous une mesme langue qu’ils appellent amarig, langue noble et illustre appellee par les Arabes d’Afrique, langue Barbaresque, qui est la naïve Africane […] » (p. 551). Il recueille également des informations sur la “langue Ethyopienne, Indienne ou Nubienne” en se fondant en premier lieu sur le De ratione communi omnium linguarum et litterarum commentarius (1548) de Bibliander, mais aussi sur les textes de Guillaume Postel et André Thevet.
Plus tard, aux Pays-Bas, la Description de l’Afrique (1668) du médecin Olfert Dapper, est composée par compilation de données médiévales et de la compagnie néerlandaise des Indes orientales. Si cette compilation n’implique pas nécessairement que les informations relayées soient inexactes, ces deux exemples témoignent de ce que les discours portant sur le continent africain émanent, dans ces espaces et à cette période, volontiers de discours de seconde main. La présence européenne en Afrique, et africaine en Europe est pourtant un fait établi, mais son centre de gravité se trouve plutôt dans les deux péninsules, ibérique et italienne.
En 1513 paraît ainsi à Rome le Psalterium Davidis et cantica aliqua biblica aethiopice, premier imprimé en caractères éthiopiens, à l’initiative d’une collaboration entre Johannes Potken et des moines éthiopiens résidant à Santo Stefano Maggiore dont le frère Tomās (Kelly 2024, Adankpo- Labadie 2026). Dans sa préface à ce psautier de David rédigé en guèze, langue écrite et liturgique de l’Éthiopie, Potken écrit notamment « […] Dieu aidant, il m’est possible d’éditer aujourd’hui le psautier de David en véritable langue chaldéenne et de l’offrir aux amateurs de langues étrangères » (Adankpo-Labadie 2026, 113). Le Psalterium Davidis contient notamment des notes sur la grammaire éthiopienne. Au contact des pèlerins éthiopiens, plusieurs lettrés italiens se passionnent ainsi pour la langue guèze au cours du XVIe siècle.
En 1548, Mariano Vittori collabore par exemple avec l’érudit éthiopien Tasfā Ṣeyon et rédige à son tour une synthèse sur les origines de la langue éthiopienne ainsi qu’une grammaire guèze.
Dans la première moitié du XVIe siècle, le diplomate Yuhanna al-Asad, plus connu sur le nom de Léon l’Africain contribue à la diffusion de l’arabe dans la péninsule italienne en composant avec Jacob ben Samuel un dictionnaire en arabe, hébreu et latin ainsi qu’une grammaire en arabe (Zemon Davis 2006, 83-87).
À la même époque, marchands, marins, diplomates, guerriers, missionnaires portugais naviguent et commercent le long des côtes africaines. Des Africains séjournent ou s’installent également en
péninsule ibérique, de manière forcée dans le cas des personnes esclavagisées, mais aussi dans le cadre de missions diplomatiques ou encore pour suivre des études comme les Kongos issus de la noblesse du royaume chrétien du Kongo. Un premier ouvrage de catéchisme bilingue portugais et kikongo composé par Gaspar da Conceição paraît à Evora en 1556 (Fernandes 2015). Plusieurs grammaires de la langue kikongo sont publiées au XVIIe siècle, notamment par le biais des presses de la Propaganda Fide à Rome
(Macedo 2013).

Si l’importance des empires ibériques dans la structuration de la connaissance romaine du monde a été soulignée par le projet BABELROME porté par Elisa Andretta entre 2017 et 2021, les savoirs spécifiquement linguistiques, leurs usages et leur circulation méritent une attention renouvelée, qui porte le regard sur les aires péninsulaires et leurs interactions concernant les savoirs portant sur l’Afrique.
L’intérêt pour les langues d’Afrique se développe-t-il de la même manière au Portugal, en Espagne et dans la péninsule italienne ? D’autres langues que l’arabe, dont Émilie Picherot (Picherot, 2023) a montré la diffusion dans l’Espagne humaniste, sont-elles au centre des intérêts et des usages des acteurs péninsulaires ? Dans quelle mesure les représentations de ces langues, de ceux qui les parlent et qui les apprennent sont-elles modelées par les discours portés sur elles ? Enfin, quel est le rôle de l’imprimerie dans les usages, circulations, apprentissages et représentations de ces langues ?

Cette journée d’études propose de considérer le rôle des acteurs (voyageurs, missionnaires, pèlerins, érudits, imprimeurs, théologiens, maîtres de langues, diasporas, interprètes) dans la
constitution de savoirs et représentations sur les langues d’Afrique, de l’arabe au kikongo en passant par le kanuri (Norbert 2021, Salvatore 2021) et le guèze, dans les péninsules ibérique et italienne. Il s’agit d’étudier et de comparer les contextes de constitution de ces savoirs linguistiques, que l’intérêt porté sur
les langues se fonde sur une forme de curiosité ou qu’il revête un intérêt pratique : religieux, économique ou diplomatique. On entend également éclairer les modalités de recueil et de construction de ces savoirs, dont les sources se trouvent dans l’expérience de terrain ou bien dans le relais textuel d’information, mais aussi le devenir de ces savoirs dans des espaces géographiques et sociaux divers. Les modalités de diffusion et de circulation des données sur les langues nous intéresseront particulièrement, ainsi que la
construction de représentations sur ces langues et leurs reconfigurations textuelles. Les travaux en histoire, en histoire du livre, en littérature ou encore en linguistique ou en philologie nourriront la discussion, et pourront en particulier s’intéresser à ces éléments non exhaustifs :
– Acteurs : interprètes, missionnaires, ambassadeurs, voyageurs, pèlerins, maîtres d’études
(professeurs), lettrés, diasporas
– Outils et supports et leur diffusion : grammaires, dictionnaires, vocabulaires, traductions, ouvrages
polyglottes, imprimés et manuscrits
– Récits et représentations : récits de rencontre avec la langue, d’apprentissage de cette langue, représentations du polyglotte, représentations de la langue

La participation est ouverte aux jeunes chercheurs. Les frais de voyage jusqu’à Grenoble seront partiellement pris en charge.
Les propositions de communication en français, anglais et portugais d’une durée de 25 minutes seront envoyées conjointement à clemence.jaime@univ-grenoble-alpes.fr et mathilde.alain@univ-
grenoble-alpes.fr avant le 15 avril 2026. La journée d’études aura lieu le 25 septembre 2026 sur le campus de l’Université Grenoble Alpes.
Une publication des actes sera envisagée.

Événement organisé avec le soutien du projet ANR Ethiokongrome, qui étudie les connexions entre les royaumes chrétiens de l’Éthiopie et du Kongo avec Rome, ainsi que celui des UMR Litt&Arts, LUHCIE
(UGA) et IHRIM (Université Jean Moulin Lyon 3).

Comité scientifique :
Olivia Adankpo-Labadie (Université Grenoble Alpes, LUHCIE, ANR Ethiokongrome)
Mathilde Alain (Université Grenoble Alpes, LUHCIE, ANR Ethiokongrome)
Yasmine Atlas (Université de Genève)
Clémence Jaime (Université Grenoble Alpes, Litt&Arts – IHRIM Lyon 3)

Bibliographie sélective
Adankpo-Labadie, Olivia, « Imprimer des livres en éthiopien au XVIe siècle : expérimentations et transmissions des savoirs dans la Rome humaniste », Revue d’histoire moderne & contemporaine 72-4
(2026), pp. 101-128.
Boccadama, Giuliana, « ‘Mori negri’ a Napoli tra 16. e 17. secolo : appendice documentaria », Il chiaro e lo scuro : gli africani nell’Europa del Rinascimento tra realtà e rappresentazione, Lecce, Argo, 2021.
Cyffer, Norbert, « Il kanuri : una lingua in costante cambiamento storico e sociale », Il chiaro e lo scuro : gli africani nell’Europa del Rinascimento tra realtà e rappresentazione,, Lecce, Argo, 2021.
Duret, Claude, Thrésor de l’histoire des langues de cest univers, Cologny, Matthieu Berjon, 1613.
Kelly, Samantha, Translating Faith. Ethiopian Pilgrims in Renaissance Rome, Cambridge (Massachusetts) et Londres (Angleterre), Harvard University Press, 2024.
Fernandes, Gonçalo, « Primeiras Descrições das línguas africanas em língua portuguesa », Confluência 49-2 (2015), pp. 43-67.
Picherot, Émilie, La langue arabe dans l’Europe humaniste : 1500-1550, Paris, Classiques Garnier, 2023.
Macedo, José Rivair, « Escrita e conversão na África central do século XVII: o catecismo kikongo de 1624 » História Revista (UFG), vol. 18 nº1 (2013). Disponible en ligne : https://revistas.ufg.br/historia/article/view/29843.
Salvatore, Gianfranco, « Il contributo della lingua kanuri alla storia delle canzoni moresche », Il chiaro e lo scuro : gli africani nell’Europa del Rinascimento tra realtà e rappresentazione, Lecce, Argo, 2021.
Zemon-Davis, Natalie, Trickster Travels: A Sixteenth-century Muslim Between Worlds, Londres, Faber and Faber, 2007 (première édition 2006).

Thèses sur l’épique depuis 1997

 

 

Thèses sur l’épique 2011-2025 – FRANCE

(EN CONSTRUCTION)

2025

Chanter le cycle troyen. Images et culture épiques en Grande Grèce et en Sicile (VIIIe s.-IIIe s. av. J.-C.). Depuis 2025. Par Arnaud Delille sous la direction de Claude Pouzadoux – Histoire et archéologie des mondes anciens – Paris 10.

Penser et écrire l’histoire de l’homme dans la poésie française du XVIIIe siècle. Depuis 2025. Par Nicolas Monetti  sous la direction de Stéphanie Genand et de Stéphanie Loubere – Langue et Littérature Françaises – Paris 12.

2024

2023

2022

2021

 

 

Thèses sur l’épique 1997-2010 – FRANCE

Alexopoulou, Ekaterini, École Pratique des Hautes Études (EPHE), 01 10 1995, Les modèles de temporalité dans l’épopée homérique, Letoublon, 9602403v

Allal, Laëtitia, Université de la Sorbonne nouvelle – Paris III, 01 05 2003, Le peuple juif au sein de l’épopée cohénienne, Behar, 0215135s

Andre, Laury-Nuria, Ens Lettres et Sciences Humaines (Université de Lyon), 09 02 2009,

Formes et fonctions du paysage dans l’ épopée hellénistique et tardive : les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes, Les Argonautiques orphiques, La Suite d’Homère de Quintus de Smyrne, La Prise d’Ilion de Triphiodore, les Dionysiaques de Nonnos de Panopolis, Cusset, Rouveret, A0039519

Ba, Alpha Oumarou, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), 01 09 2004, L’épopée peule du Fouladou (Sénégal) : texte et contexte, Baumgardt, B0004718

Babinot, Véronique, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 12 2000, La réception de l’épopée de Gilgamesh dans les littératures de langue allemande, anglaise et française, 1976-2000, Chevrel, 0013465k

Bagli, Sevinc, Université Stendhal – Grenoble 3,01 10 1997, L’épopée de la misère chez Yasar Kemal et Victor Hugo, Renard, 9805202d

Barghi Oliaee, Faezeh, Université Paris Diderot (Paris VII), 14 12 2009, Narration de l’épopée, Fournier, B0050788

Bazil, Martin, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 01 2000, L’épopée biblique latine de e

l’Antiquité tardive (4e-6 siècles) en liaison avec l’épique classique et après-classique, Fredouille, 9908474f

Bernard, Paul, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 12 2000, La naissance du monde : des textes fondateurs (genèse – théogonie) à l’épopée moderne, Brunel, 0013425s

Bourla, Stéphanie, École Pratique des Hautes Études (EPHE), 01 12 2003, La transposition de l’épopée dans le théâtre de Bhasa : enjeux littéraires et religieux, Bansat-Boudon, 0515552h

Cazalas, Inès, Université Marc Bloch – StrasbourgII, 01 10 2005, Contre-épopées généalogiques : fictions de l’identité nationale et familiale dans le roman européen contemporain. Thomas Bernhard, Claude Simon, Juan Benet, Antonio Lobo Antunes, Dethurens, C0011155

Cunha Dos Santos, Flora, Université Paris Ouest Nanterre la Défense, 23 11 2009, L’épopée carnavalesque ou la carnavalittérature : étude comparative du Diadorim (Guimaraes Rosa), La Route des Flandres (Claude Simon) et La Mort d’Artemio Cruz (Carlos Fuentes), Dumoulie, C0051181

Diabang, Mamadou, Université de Limoges, 21 01 2008, La foi islamique et le mysticisme traditionnel mandé dans ‘l’épopée musicale’ de Bakari II, Beniamino, D0042259

Drabo, Paul, Université Paris12 Val-De-Marne (Université Paris-Est), 01 10 1994,

Réminiscences mythiques et quête initiatique dans l’épopée bambara de Segou selon les récits transcrits et traduits du griot Baba Sissoko du chroniqueur Daye Baba Diallo et de l’ensemble instrumental national (Mali), Chevrier, 9410869f

Dumont, Isabelle, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 01 1993, Un aspect du sublime romantique : le panache. Roman, théâtre, épopée, Crouzet, 9311326g

THÈSES SUR L’ÉPOPÉE

Élie, Bénédicte, Université de La Sorbonne Nouvelle – Paris III, 01 09 2005, Jules Michelet, Edgar Quinet et l’épopée humanitaire, Combe, E0018621

Erchadi, Armand, Université Paris Sorbonne – ParisIV, 13 11 2006, L’épopée Indo- européenne, genre et valeur : une approche théorique, Masson, E0016960

Faye, Papa-Malick, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 23 03 2009, Rites sacrificiels dans l’épopée latine sous l’Empire, Grandazzi, F0041830

Gigout, Anne-Laure, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 05 10 2007, Pour une lecture des Punica : le traitement des personnages de chefs militaires dans l’épopée de Silius Italicus, Briquel, G0035137

Gonnellaz, Aurelia, Université Stendhal – Grenoble3, 01 02 2001, Victor Hugo: Les Burgraves, Les Misérables et La Légende des siècles ou l’épopée revisitée, Chauvin, 0017627j

Halba, Ève-Marie, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 11 1995, Renaut de Montauban, épopée d’un exclu, Zink, 9516266s

Jouanno, Sophie, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 01 2000, Poétique des images dans l’épopée latine de l’époque républicaine à l’époque flavienne, Dangel, 9915568r

Justine, Gaëlle, Université des Antilles et de La Guyane, 01 10 2008, Représentation croisée : épopée poétique, lyrique et prophétique dans les œuvres d’Aimé Césaire et de Léopold Sedar Senghor, Toumson, J0043720

Lacoste, Stéphane, Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 (Université de Bordeaux), 02 12 2010, L’épopée chez Nietzsche, Peylet, L0055309

Lambert, Violaine, Université de la Sorbonne nouvelle – Paris III, 12 01 2009, Liberté et contrainte dans Paradise Lost de John Milton et Order And Disorder de Lucy Hutchinson: étude comparée de deux épopées bibliques puritaines, Cottegnies, L0042624

Langlais, Elena, Université Charles-de-Gaulle – Lille 3 (Université Lille Nord de France), 27 09 2007, L’aurore aux doigts de santal : poétiques et situations de l’épopée en Inde de l’ère coloniale à l’époque postcoloniale (1858-1954), Moura, L0031234

Langlais, Elena, Université Paris Ouest Nanterre la Défense, 15 09 2007, L’aurore aux doigts de santal : poétiques et situations de l’épopée en Inde à l’ère coloniale (1861-1954), Moura, L0051251

Le Corre, Dominique, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, 01 12 1995, Le Théâtre du Soleil, théâtre de l’histoire ? Destins de femmes, mythe, épopée, tragédie, Cixous, 9518203y

Ma, Chi-Fang, Université Panthéon-Sorbonne – Paris I, 01 11 2002, Le lambrequin. L’épopée ee

légendaire d’un motif décoratif entre Orient et Occident, aux XVII et XVIII siècles, Rabreau, 0306322i

Maugier, Anne, Université Charles-De-Gaulle – Lille 3 (Université Lille Nord de France), 01 10 2003, Épopée latine et mythologie grecque : les Argonautiques de Valerius Flaccus et La Thébaïde de Stace, Deremetz, 0513664f

Mitsuyoshi, Kumi, Université Paris-Est Marne-La-Vallée, 01 12 2005, François-René de Chateaubriand et l’ écriture de l’ histoire. Essai, épopée et mémoires, Seginger, M0023219

THÈSES SUR L’ÉPOPÉE

Navab-Zadeh Shafii, Sepideh, Université Paris 12 Val-De-Marne (Université Paris-Est), 01 11 1995, L’épopée chez Ferdowsi et chez Victor Hugo, Claudon, 9502684e

Ogawa, Naoyuki, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, 01 11 1999, Le respect pour l’ennemi et la conversion dans les épopées de la Croisade, Suard, 9916430d

Ondo, Angèle Christine, Université Paris 12 Val-De-Marne (Université Paris-Est), 03 05 2007, Formes et contenu du mvett d’après l’épopée orale de Zwé Nguéma, Diop, O0025027

Perier, Isabelle, Université Stendhal – Grenoble 3, 01 11 2004, Mythe et épopée en science- fiction, Viegnes, P0005692

Provini, Sandra, Université Paris Diderot (Paris VII), 01 09 2005, Les guerres d’Italie entre chronique et épopée : le renouveau de l’écriture héroïque française et néolatine au début de la Renaissance, Vignes, P0013567

Rabec, Aurélie, Université de Caen Basse-Normandie, 30 01 2007, Le mensonge dans les mythes grecs de l’épopée à la tragédie – sa mise en œuvre, sa fonction, son sens, Deforge, R0020285

Riocreux, Jean-Baptiste, Université Paris Sorbonne – ParisIV, 21 09 2010, Le spectre d’Achille, ou la crise de la vocation épique dans les épopées latines du premier siècle après Jésus-Christ, Franchet d’Esperey, R0053249

Roux, Magalie, Université Paris Sorbonne – Paris IV, 01 09 2005, Poétique au féminin dans les épopées flaviennes: évolution esthétique et idéologique d’un genre, Franchet d’Esperey, R0010097

Roy, Sneharika, Université de La Sorbonne Nouvelle – Paris III, 03 11 2009, Spectralité et spécularité dans des réécritures contemporaines d’épopées, Dvorak, R0052521

Shiraishi, Yoshiharu, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (Université Sud Paris), 01 10 1996, Trois polémiques. Boileau et ses contemporains face a l’idée de l’épopée, Bury, 9601842j

Silva Henriquez, Alexis, Université de Reims Champagne-Ardenne, 01 09 2004, La Araucana : première épopée de la littérature latino-américaine, Gladieu, S0007216

Soupizet, Emmanuelle, Université de Nantes, 13 03 2009, L’épopée sur la scène lyrique aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rubellin, S0041435

Tcherikova, Acel, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, 01 12 1997, Analyse de l’épopée kirghize de Manas, Frioux, 9810258z

Touhari, Ouardia, Université Paul Valéry – Montpellier III, 01 02 2000, Parole de guerriers dans l’épopée romaine, Martin, 0007988h

Tsaroeva, Marel, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), 01 01 1998, Structures ethnolinguistiques de l’épopée des tchétchènes Ingouches (peuple du Caucase du Nord), Charachidze, 9806709r

Vinclair, Pierre, Université du Maine (Le Mans), 26 11 2009, L’épopée romanesque, Ouvry- Vial, Marmande, V0047257

Zoumanigui, Akoye, Université de Franche-Comté (Besancon), 06 01 2008, Approche sémio- rhétorique de l’épopée de Zébéla Tokpa Pivi, Condé, Z0042892

 

Avis de parution: Arts visuels et épopée : voir et donner à voir l’épique

Projet Épopée 10 | 2024
Arts visuels et épopée : voir et donner à voir l’épique

Sous la direction d’Élodie Coutier

Qu’elle se présente sous la forme d’une performance orale ou d’un texte écrit, l’épopée paraît étroitement liée au langage verbal et à l’élaboration d’un récit. Cependant, l’effet qu’elle produit sur l’auditoire ou sur ses lecteurs et lectrices ne repose-t-il que sur la narration ? Cette dernière, à son tour, ne peut-elle exister sans une parole articulée ? Les travaux de recherche sur l’intermédialité et sur la réception offrent de ce point de vue des outils de réflexion féconds pour penser la complexité de l’effet épique.

Ce numéro aborde ainsi la question des rapports entre arts visuels et épopée à partir d’un questionnement commun sur l’effet produit, soit par l’adaptation d’une épopée préexistante, soit par la reprise et la transposition d’éléments ou de configurations narratives associées à l’épique au sein d’un dispositif médiatique complexe. Chaque article du dossier principal interroge la façon dont un médium donné – ou une création plurimédiale – peut contribuer à la production d’un effet épique de nature variée : célébration ou critique politique, sociale et culturelle ; pensée d’un renouveau ; construction d’une communauté ; ou encore, dans un mouvement réflexif, exploration d’une tradition épique qui devient à son tour matériau médiatique expressif.

SOMMAIRE

Élodie Coutier

Arts visuels et épopée : voir et donner à voir l’épique. Présentation [Texte intégral]

Jean-Charles Andrieu de Lévis

La plasticité et l’intericonicité comme adjuvants de l’épopée [Texte intégral]

Frédérique Lambert

Le néo-péplum, continuité et transformation de l’épopée [Texte intégral]

Paul Chibret

Récit parodique et “travail épique” dans la série BD De Cape et de Crocs [Texte intégral]

Kim Lefebvre

Pour un régime vidéoludique du travail épique : expérimenter la sixième extinction dans Death Stranding [Texte intégral]

Marie Enriquez

Les adaptations et réécritures de L’Odyssée en bande dessinée publiées dans les années 2000 : quelle place pour l’épique ? [Texte intégral]

Anaïs Tillier

Débordements scéniques du récit épique : donner à voir et adapter la polyphonie des épopées sur la scène contemporaine [Texte intégral]

Mélanie Bost-Fievet

“You are not alone in this. None of us are.” La polyphonie épique dans le C-RPG : à propos de Baldur’s Gate 3 (2023) [Texte intégral]

Liliane Siani

Le Premier Glaive (1908) : une épopée guerrière en plein air [Texte intégral]

Marin Martinie

Propagande de guerre, parodie arthurienne et patrimonialisation : Bugs Bunny, héros et conteur d’une “épopée” américaine [Texte intégral]

État des lieux de la recherche dans le monde

Baptiste Sauvage

La Bible est-elle une épopée ? (I) [Texte intégral]

État de la recherche et “travail épique”

Articles de critique brésilienne traduits

Ana Rita Figueira

Achille et Troïlus : dialectiques de l’embuscade [Texte intégral]

Christina Ramalho

Présentation du projet Histoire des épopées dans les Amériques. Bolivie [Texte intégral]

Thèses et travaux en cours

Anaïs Tillier

Le matériau épique sur la scène contemporaine française : (re)raconter et s’approprier un patrimoine partagé au théâtre [Texte intégral]

Le prochain numéro du Projet Épopée portera sur le genre épique populaire du cordel, et sera dirigé par Beate Langenbruch et Camille Thermes.

Bibliographie 2025

[Dernière mise à jour 5 mars 2026. Pour une mise à jour plus régulière, consulter le document récapitulatif “Bibliographie comparatiste 1997-2026” par l’onglet de rang supérieur]

  • Abbariki, Seyyed Arman Hosseini, et Saydi, Asieh, “Introduction and Analysis of the Gurāni Religious Epic The Conquest of Khaybar” in Korangy, Alireza et Vatan, Azadeh (éds.), Essays on Gurani Literature, p. 177-216, 2025
  • Akbarpouran, Monire, “Urbanization and Folklorization of the Ashiq Tradition in Contemporary Iran”, Oral Tradition, 37 (2025), p. 71–92
  • Alter, Andrew et D. R. Purohit, “Vocal Delivery and Ritual Epic Performance in Central Himalayan Pandava Stories: Revisiting Genre Terminology and Oral Tradition“, Oral Tradition, 37 (2025), p. 49–74
  • Blaž, Zabel, “‘A True Pioneer’ : Matija Murko’s Influence on Milman Parry and Albert Lord, Oral Tradition, 37 (2025), p. 197–220, Download 
  • Blanco, Mercedes “Ángeles y demonios en la Cristiada de Diego de Hojeda: Una epopeya virgiliana a la gloria de la orden de santo Domingo” [Angels and Demons in the Cristiada by Diego de Hojeda: A Virgilian Epopee to Glorify the Dominican Order], Calíope, 2025, 30 (2), p. 212–248, https://doi.org/10.5325/caliope.30.2.0212
  • Bouka, Ola et Haquette, Jean-Louis (éd.), L’oralité dans la fiction narrative. Formes et enjeux, Editions et presses universitaires de Reims, 2025
  • Bruley, Julien, “La transcription des performances contemporaines de l’épopée kirghize Manas”, Revue des oralités du monde 5 | 2025, p. 59-78
  • Delignon, Bénédicte, “La figure du guerrier citharode et ses transformations hors de l’épopée : contexte culturel, transfert générique et motivation poétique” in Glinatsis, Robin et Laurie LeFebvre, Voix / voies de Calliope. L’épique hors de l’épopée de l’Antiquité à nos jours, Presses Universitaires du Septentrion, p.125-145, 2025. ⟨hal-05233277⟩
  • Friedemann, Käte, “Il narratore nella forma epica” , [traduction en italien par Biagi, Daria, de l’article de 1913 dans lequel Friedemann synthétise les thèses de son livre Die Rolle des Erzählers in the Epik, 1910], ENTHYMEMA, (36), 15–36, 2025 https://doi.org/10.54103/2037-2426/28151
  • Glinatsis, Robin et Laurie LeFebvre, Voix / voies de Calliope. L’épique hors de l’épopée de l’Antiquité à nos jours, Presses Universitaires du Septentrion, p.125-145, 2025. ⟨hal-05233277⟩
  • González Ruiz, Carlos, Juglares de una nueva gesta épica. Intelectuales, pueblo y héroes de la guerra civil española en la literatura hispanoamericana (1936-1939), thèse de doctorat, Universidad Complutense De Madrid, 2025
  • Hall, Edith, Epic of the Earth: Reading Homer’s Iliad in the Fight for a Dying World, Yale University Press, 2025
  • Kimmel-Clauzet, Flore, “L’épopée selon Tzetzès : entre tradition, adaptation et création”, in Glinatsis, Robin et Laurie LeFebvre, Voix / Voies de Calliope. L’épique hors de l’épopée de l’Antiquité à nos jours, Presses universitaires du Septentrion, 2025, p.77-109 ⟨hal-05353302⟩
  • Kulhánková, Markéta, Cease Writing of Achilles: A Narratological Commentary on the Byzantine Heroic Poem Digenis Akritis, Leiden/Boston, Brill, 2025
  • 黒岩卓 Kuroiwa, Taku, 日本における D= T・ニアヌ 『スンジャタあるいはマンディングの叙事詩』 について {“Soundjata ou l’épopée mandingue de Djibril Tamsir Niane au Japon”], 東北大学フランス語フランス文学会, フランス文学研究 [Essais de Littérature française, Département de français de l’Université du Tohoku], 2025 | 45, p. 26-29
  • Jurić, Dorian, “Bringing Back Bakonja, Epic Geography and the Editor’s Imperative”, Oral Tradition, 37 (2025), p. 139-74
  • Lambert, Frédérique, Le souffle épique du néo-péplum contemporain. Du souffle antique à l’hyperréalité numérique, Paris, L’Harmattan, 2025
  • Mafakher, Arash Akbari, “Epic Literature of Western Iran Based on the Gurāni Shāhnāmeh.” in Korangy, Alireza et Vatan, Azadeh (éds.), Essays on Gurani Literature, 2025, p. 1-38
  • Martigny, Cassandre, “L’Odyssée des femmes : les chants de Pénélope, de Circé et des Sirènes pour réécrire l’épopée homérique” Cahiers de l’Herne Margaret Atwood, 2025, ⟨hal-05333789⟩
  • N’guessan, Valérie, “La parole persuasive : adjuvant du héros épique dans guehekia de Douadelet Mécas”, Djèlénin-nin, revue de l’Université A. Ouattara, Bouaké, Côte d’Ivoire, 001 | 2025
  • Pech de Laclause, Camille (éd.), Rapsodie, Le Bulletin des Belles lettres 6 | 2025, Paris, Belles Lettres
  • o   Akbarpouran, Monire, “Entre scène et marge : l’ashiq iranien hors-sol
  • o   Baumgardt, Ursula“Oralité et épopée en Afrique de l’Ouest”
  • o   Goyet, Florence, “Le public, acteur essentiel de la création épique”
  • Rinoldi, Paolo, “Sainte legion Il motivo ­dell’armata celeste nelle chansons de geste”, in Gaggero, Massimiliano et Pilati, Filippo (éds.), L’Expérience des croisades et les échanges culturels au Moyen Âge tardif , Paris, Garnier, 2025, p. 45-59
  • Sinha, Anne, “Le catalogue épique latin, lieu privilégié de l’expression d’une voix auctoriale“, in Klein, Florence et Clément-Tarantino, Séverine, Regards croisés sur l’auteur: Autour d’Alain Deremetz, 2025, p. 181-201
  • Tomcik, Mélissande, “Following Fama: Rumors in Statius’ Thebaid”, Phoenix 79, 1 | 2025, Johns Hopkins University Press, p.131-149, 10.1353/phx.2025.a975
  • Thermes, Camille, “Communautés contemporaines et incarnations polyphoniques : la dynamique épique dans Texaco (Patrick Chamoiseau) et Le Chant de Salomon (Toni Morrison), Fabula / Les colloques, « Habiter les mondes de la fiction (II). Personnages en groupe. Populations fictionnelles », 2025, URL : https://www.fabula.org/colloques/document14636.php
  • 于, 君[Yu, Jun],『保元物語』 における源為朝像の構築と武士的価値観の表象 [Le personnage de Minamoto no Tametomo et la représentation de l’éthique samourai dans le Hōgen Monogatari], 國學院大學大学院文学研究科, 東アジア文化研究 [Bulletin de la Graduate School East Asian Studies (Université Kokugakuin)] 13 | 2025, p. 1-17

REVUES CONSACRÉES À L’ÉPOPÉE, 2025

  • (AOQU. Achilles Orlando Quixote Ulysses) V.6 N.1, Forme e modi dell’epica 3, 2025, https://doi.org/10.54103/2724-3346/2025/1
  • Articoli
    • Guglielmo Barucci, Sandra Carapezza, Michele Comelli, Cristina Zampese

Premessa

    • Alessandro Fabi

Paradigmi eroici nella cosiddetta “Ilias Latina”

    • Federica Conselvan

Sulle orme di Rinaldo. Per una storia del personaggio nei poemi cavallereschi italiani

    • Michela Maria Palumbo

Sopravvivenza e polisemia di un’immagine: la caccia al cervo nei poemi epico-cavallereschi

    • Davide Ramozzi

La voce ritrovata: momenti di emersione dell’io nel “Mondo creato”. Alcune note sulla grammatica chiaroscurale del poema esameronico tassiano

    • Maddalena La Rosa

Un Omero “ragionato”: alcuni aspetti di riforma poetica nella traduzione dell'”Iliade” di Melchiorre Cesarotti

    • Salvatore Francesco Lattarulo

Italo Svevo e le ugge del “padre” dell'”Orlando furioso”: senilità e follia nell'”Ariosto governatore”

  • CAIEF Cahiers de l’Association internationale des études françaises,

Dossier “L’épopée en vers dans la littérature française du XVIe au XIXe siècle”, n° 65, 2025 [republication du numéro de 2013]

o   Roulin, Jean-Marie, Introduction
o   Provini, Sandra, Le renouveau du poème héroïque en France au début de la Renaissance : Le Voyage de Venise de Jean Marot (1509)
o   Méniel, Bruno, L’éthique de l’épopée romanesque en France (fin xvie – début xviie siècle)
o   Giorgi, Giorgetto, Présence des anciens et des modernes dans Alaric, ou Rome vaincue de Georges de Scudéry
o   Bosco, Gabriella, Jean Desmarets de Saint-Sorlin, ou bien de la diversité épique. À propos du Clovis, de la Marie-Madeleine et d’Esther
o   Menant, Sylvain, La Henriade, une épopée baroque ?
o   Boquel-Kern, Anne, Le traitement de l’histoire contemporaine dans l’épopée romantique : l’exemple de l’épopée napoléonienne
o   Scepi, Henri, Hugo et l’épopée plurielle : le cas de La Légende des siècles
o   Roulin, Jean-Marie, Conclusion
  • Projet Épopée N.10, Arts visuels et épopée : voir et donner à voir l’épique, dir. Élodie Coutier, 10 | 2024, https://doi.org/10.4000/1573m

o   Baptiste Sauvage
La Bible est-elle une épopée ? (I) [Texte intégral]
État de la recherche et “travail épique”

·       Articles de critique brésilienne traduits

o   Ana Rita Figueira

Achille et Troïlus : dialectiques de l’embuscade [Texte intégral]

o   Christina Ramalho

Présentation du projet Histoire des épopées dans les Amériques. Bolivie [Texte intégral]

·       Thèses et travaux en cours

o   Anaïs Tillier

Le matériau épique sur la scène contemporaine française : (re)raconter et s’approprier un patrimoine partagé au théâtre [Texte intégral]

 

 

Bibliographie 2024

[Dernière mise à jour 5 mars 2026. Pour une mise à jour plus régulière, consulter le document récapitulatif “Bibliographie comparatiste 1997-2026” par l’onglet de rang supérieur]

  • Blanco, Mercedes, « Écfrasis sacra en el Monserrate de Virués » in Ponce Cárdenas, Jesús (ed.), La épica sacra en el Siglo de Oro, Madrid, Iberoamericana/Vervuert, 2024
  • Elmer, D. J. et McMurray, P. (eds.), Singers and Tales in the Twenty-First Century,   Publications of the Milman Parry Collection Of Oral Literature 7,  Cambridge, MA, 2024
  • Heckmann, Hubert, La Transgression dans l’épopée, Actes du VIIIe Congrès international du REARE, Rouen, 2018, https://publis-shs.univ-rouen.fr/reare/676.html
    • Hubert Heckmann ,Introduction

    • Transgressions diégétiques. L’épopée, récit de transgressions

    Bochra Charnay  L’acte transgressif comme déclencheur de narration dans la Geste hilalienne
    Jean Derive  Interprétation des transgressions dans une épopée bambara de Ségou, La Prise de Dionkoloni, comparées à celles de Silâmaka et Poullôri, un récit épique peul relevant du même cycle
    Amadou Oury Diallo  La transgression comme ressort narratif dans les épopées peules du Foûta-Djalon et du Foûta Tôro
    Jean-Désiré Élébiyo’o Mvé  L’agir transgressif du personnage féminin dans le Mvett et le Mwendo d’Afrique centrale
    Abdoulaye Keïta  Foucade féminine et orgueil masculin, problématique de la transgression dans Ham-Bodédio, épopée peule du Macina
    Anne Lagière  Tydée et Capanée dans la Thébaïde de Stace, figures épiques de la transgression
    Marie-Françoise Lemonnier-Delpy  L’épopée contemporaine : transgression d’un genre ?
    Blandine Koletou Manouere  De la digression et de la transgression comme paradigme pour la conquête du pouvoir : le cas du royaume bamoum et du pays seereer
    Emmanuel Matateyou  La transgression dans les traditions fang-beti-bulu en Afrique centrale : le cas du mvett Moneblum et Ndzana Ngazogo
    Cheikh Amadou Kabir Mbaye  La transgression dans l’épopée wolof
    Ronan Moreau  Quand le dharma s’en va… ou le temps des transgressions dans le Mahābhārata et le Rāmāyaṇa
    Pascale Mougeolle  L’exposition de la tête du guerrier ou le spectaculaire épique
    Modou Fatah Thiam  La transgression dans le conte épique de Modou Macina
    Isabelle Weill  Uhtred of Bebbanburg, un héros épique transgressif dans une serie anglaise de B. Cornwell
    Souleymane Yoro  Le rôle spécifique et les différents aspects de la transgression dans l’épopée de Soundjata

    • L’épopée transgressive. Effet épique et gestion de la transgression sociale

    Marie-Rose Abomo-Maurin  La transgression dans le Mvet ékang ou l’éloge du paradoxe
    Danielle Buschinger  La geste des vassaux rebelles en Allemagne à la fin du Moyen Âge en comparaison avec les sources françaises : Gerart van Rossiliun, Reinolt von Montelban, Malagis et Ogier von Dänemark rebelles malgré eux
    François Dingremont  Ce que les héros homériques transgressent
    Marguerite Mouton  Une transgression épique dans l’œuvre de J.R.R. Tolkien ? Remarques sur Le Seigneur des anneaux et le Silmarillion
    Elena Podetti  Inceste, déguisement, homosexualité et mutation sexuelle : transgression et norme dans la Chanson d’Yde et Olive
    Christina Bielinski Ramalho  Cobra Norato : la transgression inventive comme ressource épique
    Cheick Sakho  Nouvel ordre socioculturel et comportements transgressifs. Le héros peul face à la culture arabo-islamique
    Christiane Seydou  La transgression dans les épopées peules du Mali

  • Montaner, Alberto, «La Edad Media o la épica perenne», in Carrasco Manchado, Ana Isabel,Fuente Pérez, María Jesús et Alicia Montero Málaga (éds.), El presente de un pasado imaginario: Edad Media y neomedievalismo en la era digital , Barcelona, Icaria, p. 41- 77, 2024
  • Müller, Jan Dirk, “Der lebende Text und die Poetik der Oberfläche” Poetica, 55 (3-4), p. 183-221, 2024
  • Pisano, Carmine, “Destorificare la morte. Il linguaggio del dolore nell’epica omerica”, in Lamberti, Andrea, La cognizione del dolore, Temi E Testi 242, Università degli Studi di Cagliari e della Scuola Normale Superiore di Pisa. p. 1-14, 2024
  • Prada, Gastón Alejandro. “Relevancia e injerencia política del poder democrático en la épica arcaica: un abordaje desde el pensamiento homérico.” Anuari de Filologia. Antiqva et Mediaevalia 14 | 2024, p. 33-50
  • Reynaud, Cécile et Séginger, Gisèle (dir.), L’Épopée au siècle de Berlioz, Paris, Editions Le Passage, 2024
  • Rumeau, Delphine, Comrade Whitman. From Russian to Internationalist Icon, Academic Studies Press, 2024
  • Uhlig, Marion, “Tuer l’auteur: Métalepse et stratégies de légitimation dans la tradition épique au Moyen Âge“, Romanic Review 115 (3), Columbia University, p. 501–532, 2024, https://doi.org/10.1215/00358118-11534628

REVUES CONSACRÉES À L’ÉPOPÉE, 2024

 

2024 – Épopée et Arts visuels

EN COURS DE PUBLICATION SUR OPEN EDITION JOURNALS

sous la direction d’Élodie Coutier

À l’automne 2022, Benoît Peeters, spécialiste d’Hergé et scénariste de bande dessinée, entame une série de cours intitulée « Poétique de la bande dessinée » dans le cadre de la chaire annuelle Création artistique du Collège de France. À cette occasion, il emploie à plusieurs reprises les termes « épopée » et « épique », d’une part pour caractériser certaines œuvres (notamment Blast de Manu Larcenet [2009-2014, 4 vol.] et Phénix d’Osamu Tezuka [1956-1989, 11 vol.], auquel Tristan Garcia consacre l’une des séances du séminaire « Quelques albums incontournables » associé au cours), d’autre part pour distinguer les personnages figés « dans le temps du mythe et de l’épopée » (Astérix, Tintin), par opposition à ceux dont la psychologie évolue au fil des albums (le capitaine Haddock, le professeur Tournesol), reprenant à cette occasion la distinction que fait Lukács entre l’épopée et le roman. La proposition théorique de Lukács interroge, dans le cadre d’une discussion sur la poétique de la bande dessinée, tout comme le qualificatif « épique » attribué à certains albums. L’épopée, en effet, est un discours narratif associé à une performance orale ou à un texte écrit : le langage verbal est au cœur de son élaboration. Est-ce à dire, pour autant, qu’elle s’y restreint nécessairement ? Le langage iconographique ne pourrait-il, lui aussi, avoir un rôle à jouer dans l’élaboration du travail épique ?

Depuis la fin du xixe siècle, et dans des proportions importantes au xxie siècle, plusieurs types de productions narratives mêlant texte et image se sont progressivement imposées, notamment la bande dessinée, le cinéma, les séries télévisées et le jeu vidéo. Dans ce contexte, de nombreux travaux universitaires ont été consacrés, d’une part à la sémiotique des images, en particulier au langage cinématographique et à celui de la bande dessinée, d’autre part à la pratique de l’adaptation d’œuvres littéraires et textuelles, largement répandue dans ces quatre catégories de médias. Concernant l’épopée, en mars 2022, le troisième colloque du Centre International et Multidisciplinaire d’Études Épiques (CIMEEP), intitulé « Épopée et intermédialité » et organisé à l’Université de Poitiers en partenariat avec le laboratoire FoReLLIS B, explorait la tradition du récit épique de l’Antiquité à nos jours, en mettant l’accent tant sur les phénomènes d’adaptation de la matière épique que sur son inscription dans les arts, notamment visuels. Les actes de ce colloque sont disponibles en ligne sur le site de Revista Épicas (n° 6, mars 2023).

Pour prolonger la nouvelle voie de recherche ouverte par ce colloque, on voudrait ici s’orienter plus explicitement vers un questionnement théorique des rapports entre épopée, narration et images. Ce volume pour le Recueil Ouvert entend partir de la notion de « travail épique » développée par Florence Goyet, car cette notion permet de lier épopée et crise[1]. On s’interrogera donc ici sur les modalités de sa mise en œuvre dans les arts visuels narratifs. La question ne va pas de soi, et pose des problèmes théoriques importants : dans la mesure où la polyphonie et la présence de récits secondaires sont essentiels à l’élaboration du travail épique, d’une part, et où l’image à elle seule ne parle pas mais peut néanmoins donner lieu à une forme de narration lorsqu’elle est mise en séquence, d’autre part, il apparaît pertinent d’explorer les interactions narratives entre texte (ou voix) et image pour envisager les spécificités de la narration épique dans les arts visuels. Ce travail concerne les adaptations d’épopées orales ou écrites, mais aussi les créations épiques visuelles originales, qu’il s’agira d’identifier en les distinguant d’usages éventuellement différents du terme « épique ».

Dans la conclusion de son article « L’épopée refondatrice : extension et déplacement du concept d’épopée » (Recueil Ouvert, vol. 2, 2016), Florence Goyet évoque le potentiel épique des séries télévisées, dont la longueur peut permettre l’élaboration d’une pensée plurielle et de parallèles fructueux pour penser une situation de crise. Deux ans plus tard, dans son discours de réception du prix Nobel de littérature, l’autrice polonaise Olga Tokarczuk suggère pour sa part que les séries télévisées sont en train de développer une nouvelle forme de narration, propre à notre époque : l’écho est intéressant, et invite à analyser les possibles de narrations médiatiques entrelaçant le verbe et l’image.

Le numéro s’est développé en particulier dans les directions que suggéraient les questions suivantes :

– Dans quelle mesure les adaptations d’épopées écrites ou orales dans les arts visuels conservent-elles les éléments constitutifs du travail épique présents dans l’œuvre ou la performance d’origine ? Selon quelles modalités, et avec quels effets de lecture ?

– Comment les termes « épopée » et « épique » sont-ils utilisés dans le domaine de la création et de la critique des arts visuels ? Les catégories de la peinture épique et de l’« epic movie », par exemple, correspondent-elles à une mise en œuvre du travail épique, ou renvoient-elles à d’autres définitions de l’épopée pertinentes pour aborder le langage iconographique ?

– Quelles crises les arts visuels narratifs proposent-ils de penser ? Les récits de catastrophes, récemment analysés dans un ouvrage collectif dirigé par Françoise Lavocat et Charlotte Krauss (Art séquentiel et catastrophes. Bande dessinée, manga, roman graphique, 2022), font-ils par exemple l’objet d’un travail épique ? Ou ceux de crises sociales ?

– Une narration strictement visuelle est-elle susceptible d’élaborer une pensée épique, comme dans le cas de la peinture narrative chinoise ou de bandes dessinées sans texte ? En d’autres termes, l’image seule peut-elle être le support d’une pensée épique, y compris quand elle ne fait pas référence à un récit textuel préalable ?

– Quelles formes d’interaction avec le lecteur, le spectateur ou le joueur les arts visuels engagent-ils ? Ces formes spécifiques de réception contribuent-elles ou modifient-elles, le cas échéant, le rapport du destinataire à l’épique ?